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photo piscine ROUBAIX

 

 

Naissance d’un musée : la piscine, musée de l’art et de l’industrie à Roubaix

 

          Le musée d’art et d’industrie de Roubaix appelé la piscine, qui ouvre ses portes en octobre 2001 et a acquis une réputation nationale et internationale, est née de la rencontre improbable de deux lieux déclassés : un musée dont la désaffection est décidée par l’Etat en 1959, une piscine, corrodée qui ferme ses portes en 1985.

         Le premier s’est constitué en 1835 à l’initiative d’industriels roubaisiens qui constitue un fonds d’échantillons de la production textile locale. Ce fonds, joint à des objets d’art et des tableaux, forme un ensemble important qui finit, en 1889, par trouver un abri dans les locaux de l’Ecole Nationale des Arts Industriels. Fermé en 1940 à la suite de l’invasion allemande, il ne rouvre pas à la Libération. Abandonné par l’Etat et dédaigné par la ville, il voit ses collections dispersées et dépecées. Sous l’impulsion d’un nouveau conservateur, grâce à l’activité de la Société des Amis du musée et la mobilisation d’un certain nombre d’entreprises , le fonds est reconstitué.

          La seconde, la piscine, a une histoire singulière. A Roubaix l’industrieuse, la majorité socialiste se préoccupe des conditions de vie des administrés et, dès 1912, pense à construire une piscine de natation en eau chaude. Le projet est repris après la guerre mais en allant au-delà de la simple piscine vers la construction d’un temple consacré au corps, à l’hygiène et au sport, chef d’œuvre architectural des années 1930 tant sur le plan plastique que technique. Accueillant 4 à 500 000 personnes par an, elle est un étonnant ciment social pour les Roubelaisiens. Mais, peu à peu, corrodée, fatiguée, épuisée, elle ferme ses portes en 1985. Un instant, on songe à la détruire. Mais le maire, André Diligent (1983-1994), à l’écoute de la population, comprend que cette piscine est indissociable de l’histoire de la ville.

          En 1989, le réveil du musée s’accompagne d’une recherche d’un lieu à sa mesure. La piscine est pressentie. Le parti architectural adopté à l’issue d’un concours refuse aussi bien le pastiche que la négation de l’existant. La splendeur est redonnée à l’ensemble ; une belle muséographie est mise en place dans un lieu lumineux. La tissuthéque rappelle l’identité de la ville. Un outil pédagogique performant et accueillant en terme d’espace représente la moitié du budget de fonctionnement de l’établissement.

          Troyens et Aubois, ne soyez pas tristes à l’évocation de cette belle aventure où se côtoient l’imagination, la passion, l’investissement local d’élus de toute tendance et de responsables économiques. Vous pouvez demander qu’une réflexion s’engage aussi concernant un vrai musée de la Bonneterie et une Bourse du Travail restaurée gardant sa fonction de marqueur historique, topographique et social de la ville de Troyes.

 

Jean Louis Peudon – article rédigé après visite et d’après la documentation fournie par les musées de l’œil ?

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