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Chronique de la Bourse du Travail

1884 - 2006


Olivier Pottier

 

Exposition à la Bourse

 

          Erigée en 1836 et ouverte en 1837, la Halle à la Bonneterie permet aux artisans et façonniers de venir livrer leur marchandise aux négociants. Ils écoulent leurs produits les vendredi et samedi. On compte 65 comptoirs des maisons de commerce. La place (ancienne place du marché-au-blé, qui était aussi le lieu des exécutions capitales de la ville) change alors de nom et devient la place de la bonneterie. A la fin du siècle, l’activité de la Halle à la Bonneterie décline. C’est à ce moment que les syndicats demandent la création à Troyes d’une Bourse du Travail.

 

          I - Emergence de la Bourse dans le paysage social troyen (1884-1914).

 

         A - La Halle : un enjeu syndical et politique (1884-1904) 

          Ce n’est qu’en 1906 que la Bourse apparaît officiellement comme un lieu syndical ; mais depuis plusieurs années, la « Halle à la Bonneterie » dont l’activité a décliné depuis le milieu du XIXème siècle, accueille les militants syndicaux et les grévistes, notamment lors de la grande grève du textile en 1900. La nécessité de créer à Troyes une Bourse du Travail est exprimée par les ouvriers dès 1884 semble-t-il (RS, n°31, 30-04/7-05 1904). Cette demande devient un enjeu municipal qui varie au gré des changements électoraux : quand les radicaux gouvernent (municipalités Boullier 1888-1892 et Mony, 1896-1900), on s’approche de la réalisation de cette demande, quand les conservateurs dirigent (Delaunay, 1892-1896 et Lemblin-Armant, 1900-1904), on s’en éloigne. La Bourse du Travail est aussi un enjeu au sein du monde socialiste : les socialistes autonomes (Gustave Batisse) en font la priorité de leur programme électoral aux municipales de 1904 ; pour les Guesdistes (Corgeron, Clévy)[1], méfiants à l’égard de ce type de structure, il y a d’autres priorités, même si la section troyenne du groupe guesdiste réclame, elle aussi, cette Bourse.

 

          - 1884 – 1900 : les ouvriers demandent la création d’une Bourse du Travail ; un conseiller municipal radical (Frissung) semble avoir fait un projet en ce sens mais celui-ci n’est pas réalisé ; En 1896, la liste radicale conduite par Louis Mony semble avoir inscrit la création d’une Bourse du Travail dans son programme mais là encore le projet ne fut pas réalisé (RS, 28 avril-5 mai 1904) ;

 

          - 11 février 1900 : dans le cadre de la préparation d’une élection législative partielle, Jean Jaurès et Jules Guesdeviennent à Troyes soutenir le candidat socialiste Etienne Pédron (installé à Troyes entre 1889 et 1896 et qui installa le socialisme guesdiste dans l’Aube) ; commentaire du journal radical-socialiste Le Petit Troyen : « Hier, les citoyens Jaurès et Guesde sont arrivés à Troyes. Plus de deux mille personnes, massés dans la cour de la gare leur ont fait une ovation. » (PT, 12 février 1900). Il faut se rappeler que Gaston Arbouin, candidat radical et rival de Pédron, était rédacteur en chef du Petit Troyen, le journal n’allait donc pas s’étendre sur cette visite. Pédron fit un bon score au premier tour (19 février) ; le POF accepta de se désister au second tour, ce qui permit à Arbouin d’être élu (4 mars) (Chenut, pp. 27-28) ;

 

          - février-avril 1900 : grande grève textile pour l’amélioration des conditions de travail et surtout une hausse des salaires ; à cette époque, la Bourse du Travail n’est pas encore créée mais la Halle à la Bonneterie accueille les ouvriers du textile en grève : le 16 février, ils sont plus d’une centaine à s’y rassembler, le 18 février, ils sont 800, le 20, ils y élisent les délégués du comité permanent de grève et rédigent leurs demandes au préfet : ils annoncent leur intention de déclencher la grève générale. (Chenut, p. 23, 25, 26). Le 25 février, Etienne Pédron harangue 1000 ouvriers (Maitron, t.14, pp. 223-226) ; le 21 février ( ?), 3 000 ouvriers investissent la Halle tandis que 3 000 autres se réunissent à l’hôtel de ville et tous votent la grève générale aux cris de « Vive la grève générale ! Vive l’union ouvrière » (Chenut, p. 28) ; on verra plus tard, le 13 mars 1900, jusqu’à 12 000 manifestants à Troyes. Le 18 mars, Emile Clévy et Ernest Lozach, deux militants troyens du POF, commémorent la proclamation de la Commune de Paris lors d’un rassemblement à la Halle. Les grévistes reçoivent l’aide de figures nationales qui, à un moment ou à un autre, sont accueillis à la Halle :

 

          - le premier à arriver est, semble-t-il, Maxence Roldes, rédacteur en chef du journal d’obédience socialiste La Petite République (le 9 mars, selon Chenut, p. 40): il rencontre le préfet le 14 mars et une réunion a lieu ensuite à la Halle ; un incident se produit alors comme le rapporte Le Petit Troyen : « Un imprudent s’étant mis à rechercher une fuite de gaz[2] à l’aide d’une allumette, provoqua une vaste flambée qui jeta le désarroi dans la salle. Toute l’assistance s’était précipitée vers l’unique issue. Des carreaux avaient été brisés et une douzaine de femmes s’étaient évanouies. Fort heureusement la panique fut de courte durée et l’accident n’eut pas d’autres suites. » (PT, 15 mars 1900) le 26 mars, une foule de 10 000 grévistes et manifestants accueille Roldes, qui, le soir, fait un discours à la Halle à la bonneterie devant 3 000 personnes (selon Heywood, p. 187) ;

 

          - le député Groussier et la féministe Sorgue, nom de guerre d’Antoinette Cauvin, arrivent le 15 mars (PT, 15 mars 1900) ; la « citoyenne » Sorgue participe aux négociations de sortie de grève ;

 

          - la féministe Marie Bonneval (qui apporte une somme de 220 francs le 22 mars) ;

 

          - Jean Allemane, dirigeant du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, qui passe quelques jours à Troyes à la fin de la grève : il arrive à Troyes le 10 avril, fait un premier discours devant 450 personnes puis rend compte, le 11 avril, de sa rencontre avec le maire Louis Mony, lors d’une réunion rassemblant 1 500 personnes à la Maison du Peuple (Chenut, pp. 43-44) ;

 

          Surpris par le déclenchement rapide de la grève, le patronat ne veut pas céder : il utilise l’arme du lock-out (fermeture des usines) et se montre intransigeant. Comme le rappelle Colin Heywood, l’inspection du travail reproche alors au patronat de faire semblant d’ignorer les syndicats (Heywood, p. 180). La grève se solde par un échec.

 

          - juin 1901 : tous les syndicats ouvriers de la ville de Troyes adressent au Conseil municipal une lettre dans laquelle ils font ressortir l’utilité d’une Bourse du Travail et lui demandent « de la créer dans le plus bref délai possible », en sollicitant, dans l’attente de sa création, « une subvention pour leur permettre d’étendre la propagande syndicale ». Une seconde lettre est adressée, en vain. Le Maire fait savoir que la commission des affaires diverses, chargée de traiter cette demande, n’a pas donné suite « parce qu’elle savait la presque totalité du conseil opposée à une Bourse du Travail » (Il s’agissait du maire Lemblin-Armant, conservateur mais qui se disait « partisan de cette innovation ») (RS, 30 avril-7 mai 1904).

 


          B – De la Halle à la Bourse (1905-1914).


          Aux élections municipales de 1904, la liste Mony, radicale, est victorieuse. Dès lors le projet de création d’une Bourse du Travail peut enfin aboutir. A partir de 1906, la Bourse fonctionne à la fois comme un centre de placement (elle abrite des bureaux municipaux de placement qui servaient de service additionnel aux chômeurs) et comme le siège des syndicats. En 1914, la Bourse accueille en outre : la Société d’études et d’applications sanitaires de l’Aube (fondée en 1902 pour combattre les progrès de la misère physiologique, président : Grau, avoué), la Société d’éducation familiale (fondée ne 1906 pour assurer l’éducation morale et sociale de la femme, président d’honneur : l’Inspecteur d’Académie), la Mutualité maternelle de l’Aube (fondée en 1908 pour permettre aux sociétaires de s’abstenir de travailler pendant quatre semaines pour se soigner et donner à leur enfant les soins nécessaires, présidents d’honneur : le préfet et le président de l’Union mutualiste), la Société de secours mutuels des bonnetiers de la Ville de Troyes (fondée en 1814, puis étendue en 1827 et qui contrôle un orphelinat, président d’honneur Masson, salle 13), la Société de soulagement entre les ouvriers tanneurs, corroyeurs, chamoiseurs, mégissiers et pelletiers de Troyes (fondée en 1838, président : Martinot) la Société de secours mutuels des anciens sous-officiers de l’Aubela grande salle du premier étage de l’ensemble municipal de la place de la Bonneterie, au rez-de-chaussée duquel est installée la bourse du travail, n’est pas à la libre disposition des syndicats. Elle relève exclusivement de l’administration municipale et pour en obtenir la jouissance, toute société ou tout syndicat doit en faire la demande au Maire. » (lettre du maire au préfet, 13 décembre 1912, 2 J 34, AMT). Le secrétaire général de la Bourse est un certain Exertier, boulanger de son état (présent en 15ème place sur la liste du PSDF aux élections municipales de 1904) (DT, 30-04/7-05 1904)

(président : Bellemanière, salle 15) (Annuaire 1914, pp. 329-335 et Berisé, t.2, cartes 376 et 404). La bourse reste un « ensemble municipal ». Comme le maire de Troyes le rappelle dans une lettre au préfet :

          "La Bourse reste un sujet de tension au sein du mouvement ouvrier aubois." Certes, à partir de 1905, l’unité socialiste se réalise dans l’Aube : une fédération de l’Aube du Parti socialiste naît après la fusion entre « autonomes » et PSDF. Mais la fédération auboise reste dominée par les Guesdistes (Emile Clévy). En 1906, l’hebdomadaire socialiste La Défense des Travailleurs de l’Aube, publie un article d’un syndicaliste lyonnais qui met en garde les travailleurs : « Ou bien adhérer à la Bourse municipale du travail et être à la merci de la municipalité … être bien sage, ne pas faire trop de bruit, (excepté pour aller acclamer les Clemenceau) ; écouter complaisamment les conseils des élus municipaux. (…) L’autre solution est de rester ou de retourner à l’Union des syndicats pour collaborer avec les autres organisations, pour se mettre chez elles, afin de vivre indépendantes de toute administration municipale (…) » ; (DT, 7-14 juillet 1906). Les Guesdistes craignent une mainmise municipale sur l’activité syndicale mais ils redoutent surtout les idées des anarcho-syndicalistes (ou syndicalistes révolutionnaires), qui veulent couper tout lien avec les partis (alors que les Guesdistes veulent pouvoir exercer un contrôle sur les syndicats). Cette opposition se cristallise à Troyes autour de deux groupes : les leaders socialistes (Clévy, Corgeron, Philbois) de la Maison du Peuple d’une part et les syndicalistes de la Bourse (notamment le syndicat des rebrousseurs et leur leader Denizot) d’autre part. Néanmoins, tous les syndicats affiliés à la CGT et donc présents à la Bourse ne sont pas systématiquement remis en cause par les socialistes : postiers, travailleurs de la métallurgie ou du bâtiment semblent être assez proches du Parti socialiste troyen. On retrouve une attaque virulente des socialistes aubois contre la Bourse en 1912 lorsqu’ils accusent l’un de ses membres de « critiquer, sinon insulter, les militants socialistes. » (DT, 15 juin 1912). Cette tension entre Guesdistes et syndicalistes n’épargne pas le reste du département comme le constate le sous-préfet de Nogent en mai 1913 (rapport du sous-préfet au préfet 2 mai 1913, ADA, SC 330).

 

          Malgré ces tensions au sein de la classe ouvrière, la Bourse est un lieu de rencontres, de débats, de meetings : se succèdent réunions syndicales (on demande la journée de 8 heures), politiques (en période électorale) où l’on assiste parfois à des débats contradictoires, rassemblements antimilitaristes et pacifistes (notamment lors du vote de la « loi des trois ans » qui fait passer le service militaire à 3 ans).

 

          - février-avril 1905 : la municipalité radicale de Louis Mony décide de transformer la Halle en Bourse du Travail (décision du conseil municipal du 11 février 1905, adjudications attribuées le 29 avril 1905, devis estimatif de 2 500 francs) (Solignac, p. 31) ;

 

          - mai-juin 1905 : unité socialiste dans l’Aube : 1e mai unitaire à Troyes entre PSDF et socialistes « autonomes » ; 12 juin : congrès de l’unité socialiste dans l’Aube à Arcis-sur-Aube (DT 30-12/6-01 1906) ;

 

          - juin 1905 : Conférence de Gustave Hervé (ancien instituteur révoqué et avocat rayé de l’ordre, qui fonde La guerre sociale, une revue antimilitariste, en 1906), Renaudel et Meslier à la Bourse (DT 30-12/6-01 1906) ;

 

          - 24 décembre 1905 : congrès extraordinaire de la Fédération socialiste de l’Aube (le « bataillon sacré du Parti » selon Jaurès) à la maison du Peuple (DT, 30-12/6-01 1906);

 

          - 1er mai 1906 : réunion du 1er mai (à cette époque, il n’est pas férié et il est l’occasion de grève et de manifestation) à la maison du Peuple (rue Champeaux) puis à la Bourse en soirée : 700 à 800 personnes y participent et acclament « la journée de 8 heures avec un minimum de salaire » (rapport du commissaire central, 2 mai 1905, ADA, SC 330) ; la CGT et le Parti socialiste n’étaient pas d’accord sur l’organisation de cette journée, preuve des tensions entre les syndicalistes révolutionnaires de la CGT et les Guesdistes ; les autorités craignaient les débordements des jeunes « rebrousseurs » (le rebroussage est une opération manuelle fastidieuse réservée à de jeunes hommes entre 14 et 20 ans) (lettre du commissaire de Troyes au préfet, 27 avril 1906, ADA, SC 330) ;

 

          - avril-mai 1906 : la Bourse accueille des réunions électorales dans le cadre de la préparation des législatives de mai 1906 : grande réunion le 21 avril 1906 avec les candidats socialistes (DT 21-28 avril 1906) ; autre grande réunion publique et électorale à la Bourse début mai 1906 : Charonnat et Bonnefous (candidats radicaux) acceptent de discuter avec le candidat socialiste Georges Maillet (qui se présente dans la première circonscription de Troyes) (DT, 5-12 mai 1906) ; l’un des candidats socialistes, Nicolas Léandre, est élu dans la deuxième circonscription de l’Aube et sera réélu en 1910 (Maitron, t.13) ;

 

          - 10 juin 1906 : Fête de propagande antireligieuse et socialiste : l’après-midi, conférence publique à la Bourse sous la présidence du député Nicolas Léandre, avec Etienne Pédron, revenu pour l’occasion, Célestin Philbois (élu député socialiste en 1914 puis en 1919), Emile Clévy (à l’époque gérant du journal socialiste La Défense des Travailleurs de l’Aube et secrétaire de l’union antireligieuse) et avec la participation de Paul Lafargue, gendre de Marx et fondateur du parti guesdiste sur le thème « La science et les religions » ; « acte de propagande » joué par le Théâtre Socialiste intitulé La proie (DT, 9-16 juin 1906 et 16-23 juin 1906) ;

 

          - 1er mai 1907 : à la Maison du Peuple (quel jour ?), Clévy et Hébert Corgeron, ancien lieutenant de Pédron, reprochent au maire d’avoir fondé la Bourse « pour y attirer les syndicats ouvriers qui étaient auparavant affiliées à la Maison du peuple et diviser par ce fait le Parti socialiste » (rapport du commissaire central au préfet, 1er mai 1907, ADA, SC 330) ; meeting du 1er mai à la Bourse organisé par le syndicat des rebrousseurs (l’un des leaders est Denizot) : devant une assemblée de 1200 personnes, composées de partisans du syndicat et de membres du Parti socialiste, intervention du syndicaliste révolutionnaire Broutchoux (syndicat des mineurs du Pas-de-Calais) qui s’en prend au gouvernement, insiste sur la nécessité pour les ouvriers de « se grouper pour obtenir par leurs propres moyens toutes les réformes nécessaires à leur bien-être sans avoir recours au Parlement » et appelle à la lutte antimilitariste. On retrouve là tous les thèmes du syndicalisme révolutionnaire que les Guesdistes critiquent. Corgeron et Clévy déplorent précisément la division du Parti socialiste à Troyes : deux ordres du jour sont alors rédigés (par Denizot et Corgeron) mais la salle devenant houleuse, ils sont retirés (Rapport du commissaire central au préfet, 2 mai 1907, ADA, SC 330) ;

 

          - 1er mai 1908 : réunion à la Bourse devant 400 personnes (Clévy, Philbois, Osmain y prennent la parole) puis un défilé de 100 personnes avec des jeunes se dirige vers la Maison du Peuple (rue E. Zola) au son de l’Internationale (note du commissaire central au préfet, 2 mai 1908) ;

 

          - 9 décembre 1910 ( ?) : grand discours de Clévy à la Bourse lors de la grève des ouvriers de l’usine Mauchauffée (Maitron, t. 23, pp. 16-18) ;

 

          - 9 avril 1911 : grande manifestation pour la défense des producteurs aubois de champagne (plus de 20 000 manifestants à Troyes) ; le cortège passe devant la Bourse ;

 

          - 16 décembre 1912 : l’union des syndicats ouvriers organise un meeting contre la guerre à la Bourse : le maire refuse de l’interdire malgré la demande pressante du préfet (AMT, 2 J 34, lettre du maire de Troyes au préfet, 13-12-1912) ; La réunion rassemble 1 500 personnes ; discours de Clévy, Grados (conseil national de la CGT), Dumoulin (trésorier) ; Célestin Philbois fait adopter un ordre du jour « contre la guerre » et « en faveur de l’organisation et de l’entente internationale des travailleurs » (DT, 21 décembre 1912) ;

 

          - 1er mai 1913 : meeting organisé par le Parti socialiste et l’union des syndicats ouvriers de Troyes : on proteste contre la loi des trois ans et l’augmentation du budget de la guerre ; on évoque aussi l’application de la journée de 8 heures et de la « semaine anglaise » (semaine de 40 heures) (compte-rendu du commissaire spécial au préfet, 1er mai 1913, ADA, SC 330) ;

 

          - mai 1914 : Célestin Philbois est élu député socialiste de l’Aube ;

 

          - 31 juillet 1914 : 2 500 personnes à la Bourse dans un meeting contre la guerre; la réunion est organisée par le Parti socialiste, l’Union des syndicats Ouvriers de l’Aube et la coopérative La Laborieuse ; plusieurs intervenants prennent la parole : entre autres Louis Croisé, conseiller municipal, le docteur Descusses et surtout Emile Clévy. (DT, 1er août 1914).

 

          II - La Bourse, un espace au cœur des luttes de l’entre-deux-guerres  (1919-1934)

 

          Après la guerre, la Bourse redevient un haut lieu de la contestation sociale. Dès 1919, c’est de la Place de la Bonneterie (qui devient place Jean-Jaurès) que partent les cortèges des organisations syndicales allant rendre hommage aux morts de la Grande Guerre au cimetière. A la suite du Congrès de Tours en décembre 1920, le mouvement socialiste et ouvrier se divise : les socialistes restent dans la « Vieille maison », bientôt rejoint par la CGT de Léon Jouhaux, tandis que les communistes fondent un nouveau parti, la Section française de l’internationale communiste, bientôt appelée Parti communiste, auquel s’associent les syndicalistes de la CGT-U. A Troyes, les leaders de chaque tendance sont : le député Célestin Philbois (qui adhère au PCF en décembre 1920 mais qui n’est pas réélu en 1924), Henri Oudin, René Plard, Adrien Gennevois et Marcel Cuny pour le PCF et la CGT-U, Emile Clévy (communiste en 1920 puis exclu du PCF avec Louis Croisé : ils rejoignent tous deux le Parti socialiste) pour la SFIO et Louis Thibault et René Douet pour la CGT. La Bourse est témoin de cette nouvelle division du mouvement ouvrier. La CGT (qui groupe les syndicats dits confédérés de l’Aube) est installée dans la salle 9 de la Bourse (adresse de 1928, Aube, n°1, août 1928).

 

          - 7 mai 1919 : la décision de changer le nom de la place de la Bonneterie est prise : elle devient la place Jean Jaurès (Solignac, pp. 32-33) ;

 

          - décembre 1919 : Emile Clévy, candidat socialiste, devient maire de Troyes ; un drapeau rouge flotte sur l’hôtel de ville (TA, 11-11-1919) ; Clévy est réélu en juillet 1920, son élection ayant été invalidée ; il est à nouveau élu en 1925 grâce à une alliance avec les radicaux (il dirige la liste du cartel des Gauches, élue au 2ème tour) (Maitron, t. 23, pp. 16-18) ;

 

          - septembre-octobre 1921 : grande grève du textile ; de nombreux meetings ont lieu à la Bourse ; l’industriel Henri Recoing est séquestré dans la Bourse alors qu’il passe dans le quartier : la foule menace de le pendre et grâce à l’intervention de syndicalistes de la CGT-U, il est épargné : Suzanne Gallois, ouvrière bonnetière, (elle adhère au PCF en 1929) propose alors de l’enfermer et de lui faire peler des pommes de terre ; il est finalement escorté par le comité de grève jusqu’à l’hôtel de ville où il est remis au maire (Chenut, pp. 269-270) ;

 

          - 1er mai 1925 : manifestation et rassemblement à la Bourse (700 manifestants) ;

 

         - 27 mai 1925 : manifestation à la Bourse, à l’initiative du PCF, contre les opérations militaires au Maroc (AMT, 2 J 34, lettre du commissaire central au maire, 27 mai 1925 et Dépêche, 27 mai 1925);

 

           - 12 octobre 1925 : journée de grève organisée par le PCF contre la guerre au Maroc : plusieurs militants du PCF sont arrêtés alors qu’ils tentent d’entrer dans le Palais de justice (Boulouque, p. 21) ;

 

          - 1926 : tension très forte entre le PCF et Emile Clévy : le maire socialiste refuse toute salle municipale au PCF, à l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants, proche du PCF) ou à la Lyre communiste (Maitron, t. 23, pp. 16-18) ;

 

           - 21 avril 1928 : 2 000 personnes seraient venues à la Bourse pour soutenir la candidature de Plard et Philbois à la députation (Coton, p. 158) ;

 

          - 14 juin 1929 : arrêté du nouveau maire de Troyes, A. Privé, qui interdit « manifestations, réunions et cortèges sur la voie publique » pour contrer le PCF (AMT, 2 J 34) ; une manifestation communiste organisée le 1er août 1929 s’achève par l’arrestation de Cuny (CGT-U) et Planson (secrétaire du syndicat du textile) : ils sont condamnés à 13 mois de prison. Un grand meeting, organisé en juin 1930 à la Bourse, salue leur libération (AMT, 2 J 34) ;

 

          - 3 décembre 1930 ( ?) : réunion organisée par les Petits commerçants, petits artisans et petits industriels de l’Aube à la Bourse et à laquelle participent de 1 000 à 1 500 personnes dont quelques militants du PCF (compte-rendu du commissaire central au maire, 3 décembre 1930, AMT, 2 J 41) ;

 

          - 1932 : la salle des fêtes de la Bourse est réaménagée ;

 

          - 12 avril 1932 : « meeting de la rupture » à la Bourse, auquel participe André Marty (ancien mutiné de la mer Noire qui fut interné à Clairvaux), responsable national du PCF : c’est la rupture entre René Plard et le PCF (Coton, pp. 235-238) ;

 

          - 1er mai 1932 : meeting du 1er mai avec 80 personnes et la présence de Sylvan (PCF) et Suzanne Gallois (rapport du commissaire, transmis au maire , 2 mai 1932, AMT, 2 J 41).

 

          - 18 novembre 1933 : Pierre Brossolette et Paul Faure participent à un meeting de la SFIO à la Bourse devant 700 personnes; ils sont pris à partie par des militants communistes (ADA, SC 4251, Note du préfet au Ministre de l’Intérieur, 20 nov. 1933) ;

 

          III - La Bourse et la réunification de la gauche (1934-39)

 

          La Bourse est au cœur du processus de réunification de la gauche ; elle accueille de nombreux meetings où socialistes et communistes se retrouvent dans le combat antifasciste.


          - 8 février 1934 : meeting unitaire antifasciste à la Bourse organisé par les Socialistes et les Amis du Rappel (formation politique de René Plard) (Coton, pp. 305-306, Chenut, pp. 365-366) ;

 

          - 11 ( ?) février 1934 : réunion du comité de grève à la Bourse à 14h30 avec 2 000 personnes en présence de Douet, Jaffiol (SFIO) et Sylvan et Gennevois (PCF), chants révolutionnaires (L’internationale, Gloire au 17ème, La Jeune Garde) et interventions de plusieurs orateurs (AMT, 2 J 41, compte-rendu du commissaire du 1er arrondissement au commissaire central, 12 février 1932) ;

 

          - 12 février 1934 : manifestation antifasciste dans la ville (10 000 manifestants) (Coton, p. 307) ;

 

           - 17 février 1934 : manifestation à la Bourse du Travail contre « la prétention de l’évêque à défiler en cortège dans notre ville » (Coton, p.307) ;

 

          - 14 juin 1934 : Jacques Doriot (démissionnaire du PCF et futur collaborationniste durant la Seconde Guerre mondiale) est accueilli par René Plard et un meeting est organisé à la Bourse du travail à 20 heures devant 2 000 personnes ; des militants communistes tentent de s’opposer à Doriot (qui sera exclu du PCF fin juin 1934) (Coton, pp. 314-316) ;

 

           - 14 août 1934 : meeting organisé à la Bourse par le comité des chômeurs (constitué le 30 juillet 1934) et auquel participent la CGT (Thibault) et la CGTU (Gennevois) (Coton, p. 325) ;

 

           - 23 août 1934 : formation du Cartel syndical pour la défense des travailleurs par la CGT, la CGT-U et le syndicat chrétien (Coton, p. 325) ;

 

          - mai 1935 : René Plard devient maire de Troyes après le succès de sa liste aux élections municipales ;

 

          - septembre 1935 : renouveau des Fêtes de la Bonneterie, tonalité plus républicaine et populaire de la manifestation sous l’impulsion de René Plard entre 1935 et 1938 (Chenut, pp.377-378) ;

 

          - 21-22 septembre 1935 : grand bal de nuit à la Bourse avec l’orchestre Servais-Nicky le samedi soir, grand concert le dimanche après-midi avec des « artistes réputés » et des « intermèdes gymniques » (Rappel, 14 septembre 1935) ;

 

          - fin 1935-début 1936 : réunification syndicale;

 

          - 12 février 1936 : meeting à la Bourse organisé par le Parti socialiste avec Jaffiol (maire de Pont-Sainte-Marie), Douet (adjoint au maire de Troyes), Clévy, Thibault (CGT), Brossolette (Fédération socialiste de l’Aube), Laurent (conseiller municipal de Troyes) et Paul Rivet (professeur, conseiller municipal de Paris) (ADA, SC 4252, rapport du commissaire spécial au préfet, 13 février 1936) ; un débat oppose Plard à Brossolette et Rivet (Rappel, 15 février 1936) ;

 

          - 1er mai 1936 : meeting à la Bourse et manifestation (5000 personnes), grève suivie à 80 % dans les usines ;

 

          - 3 mai 1936 : grande manifestation pour fêter la victoire du Front Populaire et l’élection de Plard ainsi que de trois candidats radicaux ;

 

          - juin 1936 : grèves ;

 

          - 14 juin 1936 : 15 000 manifestants à Troyes en faveur du Front Populaire ;

 

          - 7 novembre 1936 : commémoration du 19ème anniversaire de la révolution d’Octobre organisée à la Bourse devant 400 personnes par le PC : hymnes de l’Harmonie Ouvrière (L’Internationale, La Marseillaise), spectacle du groupe « Octobre »[3], discours des orateurs et remise des fanions aux cellules du rayon de Troyes ; présence de nombreux responsables : Henri Martin, secrétaire du rayon troyen, Parigaux, secrétaire régional, Flavien et Héritier (Jeunesses Communistes) (ADA, SC 4252, lettre du préfet au ministre de l’Intérieur, 10 novembre 1936) ;

 

          - 18-20 décembre 1936 : 3ème Foire aux vins, Grande Salle de la Bourse ((Rappel, 19 décembre 1936) ;

 

          - 14 juillet 1939 : René Plard plante un arbre de la liberté sur la place Jean Jaurès en commémoration du 150e anniversaire de la Révolution Française.

 

          IV - La Bourse : entre commémoration, contestation et compétition (depuis 1944)

 

          Après la Libération de Troyes (27 août 1944), la Bourse redevient un lieu de contestation sous la IVème et la Vème République. Mais elle devient aussi un lieu de commémoration. La Bourse reste au cœur des activités sportives, notamment lors des matches de boxe du Stade Troyen. En 1964, un incendie détruit une partie des locaux et toutes les archives du syndicat textile de la CGT.

 

          - 3 mars 1945 : 2 000 personnes à la Bourse pour protester contre le mauvais ravitaillement qui perdure : intervention de Planson (syndicat textile), Mme Bernard (Comité des Ménagères), Pierson (syndicat du gaz), Gennevois (UD-CGT) (Dépêche, 10 mars 1945) ; 


          - mai 1945 : obsèques solennelles de Maurice Romagon (un des dirigeants du PCF dans la Résistance, fusillé le 7 mars 1942) et d’Edouard Boigegrain (fusillé le 30 avril 1942); une chapelle ardente est dressée dans la Bourse du Travail et la foule se rassemble place Jean-Jaurès, écoute plusieurs discours et accompagne les cercueils jusqu’au cimetière (Dépêche, 12 mai 1945) ;

 

          - 1952 : gala de boxe à la Bourse du Travail (Libération, 25 septembre 2006) ;

- mars-mai 1961 : série de grèves, plusieurs réunions ont lieu à la Bourse : le 30 mars pour les salariés du textile, le 18 mai pour les salariés d’EDF-GDF et les cheminots (mémoire, n°31, p.7) ;

 

          - fin 1962 : Kalwack, du Stade Troyen, remporte un match à la Bourse (mémoire, n° 36, p. 20) ;

 

          - avril 1963 : une cinquantaine d’enfants de mineurs du bassin de Liévin, alors en grève, sont accueillis à Troyes (à la Bourse) sous les auspices des U.D. CGT, CFDT, FO et FEN du département et sont répartis dans des familles pour la durée des vacances de Pâques ; 30 mineurs les accompagnent pour expliquer les raisons de cette grande grève qui agite le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais (mémoire, n°38, p. 12) ;

 

          - 6 novembre 1963 : combat entre le Soissonnais Daim et le Troyen Dudas à la Bourse (mémoire, n°40, p. 18) ;

 

          - 28-29 janvier 1964 : incendie à la Bourse qui ravage la salle n°10 du syndicat CGT du textile (mémoire, n°41, p.2) ;

 

          - 1er août 1964 : commémoration de la mort de Jean Jaurès sur la place du même nom à Troyes: discours de André Montmaur, secrétaire fédéral adjoint du Parti socialiste et de M. Begusseau, pour le Parti communiste (mémoire, n°43, p.3) ;

 

          - mai 1968 : grèves ;

 

         - novembre-décembre 1995 : manifestations et grèves pour la défense des retraites ;

 

          - 29 avril 1996 : Arlette Laguiller à la Bourse du Travail ;

 

         - 2003 : manifestations et grèves contre la réforme des retraites et la décentralisation ;

 

          - février-avril 2006 : manifestations anti-CPE ;


Annexes :

Glossaire

CGT : Confédération générale du travail créée à Limoges en 1895 et qui se donne une charte en 1906 (charte d’Amiens) ; après la scission de 1921, reste proche de la SFIO jusqu’à la réunification de 1935 ; la CGT connaît une nouvelle scission en 1947-48 ;

CGT-FO : Confédération générale du travail, Force Ouvrière : formée en avril 1948 par Léon Jouhaux et les partisans de la tendance « Force Ouvrière » ;

CGT-U : Confédération générale du travail unitaire créée en juin 1922, formation proche du PCF ;

PCF : Parti communiste français, formé après le Congrès de Tours en 1920 ;

POF : Parti ouvrier français, créé par Jules Guesde et Paul Lafargue en 1879 ;

POSR : Parti ouvrier socialiste révolutionnaire de Jean Allemane ;

PSDF : Parti socialiste de France formé en 1901 au Congrès d’Ivry et qui rassemble les guesdistes et les partisans d’Edouard Vaillant : parti opposé à la participation à un gouvernement « bourgeois » ;

PSF : Parti socialiste français (qui rassemble indépendants, broussistes, partisans de Jaurès, allemanistes) et qui se dit favorable à la participation à un gouvernement « bourgeois » ;

SFIC : Section française de l’Internationale communiste (premier nom du PCF, adhérent à la 3e Internationale (Komintern ou Internationale communiste) ;

SFIO : Section française de l’internationale Ouvrière (2e Internationale) : partie du nom officiel des Socialistes français après le Congrès d’unification (Salle du globe, avril 1905) ; le nom est : « Parti socialiste – SFIO » ;

UD : Union départementale d’un syndicat (qui unit, au niveau départemental, tous les syndicats d’une même confédération) ;


Sources

La plupart des dates indiquées ci-dessus sont référencées. Les références sont :

- ADA : archives départementales de l’Aube.

- AMT : Archives municipales de Troyes.

- Annuaire : Annuaire administratif, statistique et commercial du département de l’Aube, Société Académique du département de l’Aube, Troyes : Imprimerie Paton (publication annuelle).

- Aube : L’Aube Ouvrière, organe mensuel des syndicats confédérés de l’Aube (CGT) qui paraît à partir de 1928.

- Chenut : CHENUT, Helen Harden, The Fabric of Gender. Working-class Culture in Third Republic France, University Park : Pennsylvania State Press, 2005.

- Coton : COTON, Denis, Un député-maire de Troyes, René Plard, Langres : D. Guéniot, 2005.

- Darroussat, Séverine, De la Halle aux marchandises à la Bourse du Travail, dossier du 1er mars 2006,

- Dépêche : La Dépêche de l’Aube, journal du PCF, fondé en 1921 par René Plard, qui devient ensuite hebdomadaire.

- DT : La Défense des Travailleurs de l’Aube, organe guesdiste (1901-1919) : fait suite au Réveil et à L’Eveil des Travailleurs de l’Aube ; devient l’organe du Parti socialiste de France à partir de 1902 puis celui de la Fédération de l’Aube (Parti socialiste-SFIO) à partir de 1906, après la réunification socialiste.

- Heywood : HEYWOOD, Colin, “Mobilizing the Workers in Fin-de-Siècle France : The Parti Ouvrier in Troyes”, French History, Vol. 12, N°. 2, pp. 172-194.

- L’Est : L’Est-Eclair.

- Libération : Libération-Champagne.

- mémoire : La mémoire de l’Aube, mensuel fondé sur les articles de l’Est-Eclair.

- Maitron : MAITRON, Jean (sous la dir. de), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, plusieurs volumes, Paris : Les Editions Ouvrières.

- PT : Le Petit Troyen, journal radical fondé en 1897, rédacteur en chef : Gaston Arbouin

- Rappel : Le Rappel de l’Aube, hebdomadaire des partisans de René Plard, devenu ensuite le Rappel de l’Est.

- RS : La République Sociale, organe hebdomadaire des Travailleurs socialistes de la région de l’Est, apparaît en 1889 (responsable : Arthur Rozier), ressort au début du siècle comme organe de la Fédération socialiste autonome de l’Aube (responsable de la fédération : Gustave Batisse) : les socialistes ici représentés sont-ils liés aux Broussistes ou possibilistes ? Après 1902, ils semblent appartenir au Parti Socialiste Français (de Jaurès) du fait de leur opposition aux Guesdistes du PSDF.

- RT : Le Réveil des Travailleurs, organe des groupes du POF, fondé par Etienne Pédron en 1896.

- ST : Le Socialiste Troyen, organe des groupes du Parti ouvrier de l’Aube ; le secrétaire de la rédaction est Etienne Pédron ; journal qui paraît entre 1892 et 1896 et cède ensuite la place au Réveil des Travailleurs.

- Solignac : SOLIGNAC, Marie-France, La place Jean Jaurès, mon village, Troyes : Académie troyenne d’études cartophiles, 1998.

- TA : Tribune de l’Aube, journal conservateur, grand rival du Petit Troyen, dont le rédacteur en chef est Noël le Contour. Ce journal apparaît en 1901 et prend la suite du Petit Républicain de l’Aube (rédacteur en chef : Louis Périé).




[1] - Depuis le départ d’Etienne Pédron en 1896, Hébert Corgeron est l’animateur principal du Parti Ouvrier Français. En 1902, le POF s’unit aux  partisans d’Edouard Vaillant et forme le Parti socialiste de France (PSDF).

[2] - On avait installé dans la Halle le chauffage au gaz ainsi que des lanternes à gaz en 1877 (Darroussat, p. 22).

[3] - Le groupe « Octobre » est formé par des acteurs amateurs ; il semble être une déclinaison locale du grand groupe « Octobre » formé au début 1933 à Paris par une quinzaine d’artistes (dont Jacques Prévert qui a fourni  à la troupe de nombreuses chansons, Paul Grimault, Raymond Bussières et auquel s’adjoindront plus tard Jean-Louis Barrault, les Mouloudji, Roger Blin) ; cette troupe s’inspire des groupes d’agit’prop bolcheviques qui parcouraient la Russie au temps de la guerre civile. Voir : ORY, Pascal, La belle illusion, culture et politique sous le signe du Front populaire 1935-1938, Paris : Plon, 1994, pp. 350-353 et Chenut , op. cit., pp. 374-375).

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