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De la halle aux marchandises

à la Bourse du Travail

1837 - 1884

 

D’après l’étude de Séverine Darroussat exposée au comité de pilotage de juin 2006.


 

          Selon Séverine Darroussat, chargée par la ville de fournir une analyse patrimoniale du quartier de la Bourse, l’existence et les caractéristiques architecturales de la Bourse du travail sont inséparables de l’histoire sociale et économique de la ville ainsi que du tissu urbain.

          Depuis l’époque des foires de Champagne, la ville de Troyes n’a cessé d’être équipée en halles, bâtiments dont la finalité était d’offrir un plus grand confort en même temps qu’un meilleur contrôle sur les transactions. Il est vraisemblable qu’elles étaient des structures charpentées semblables aux anciennes boucheries de Troyes connues grâce aux lithographies saisissantes de Fichot.


MaisonPeupleNoirBlanc

 

          Avec le siècle des Lumières, une pensée nouvelle se développe. La première préoccupation est d’assurer l’approvisionnement des populations en grain. La seconde est celle d’un urbanisme rationnel.

           La halle au grain que l’architecte Milony commence de construite en 1795 répond assez bien à cette double préoccupation. Les églises et places de Notre-Dame et Saint-Jacques-aux-Nonnains sont acquises pour être démolies et ainsi permettre de disposer d’une grande place et ... de matériaux en dur. En fait, la construction fut arrêtée assez vite pour plusieurs raisons : la pression exercée par les habitants du quartier haut de la ville, le quartier du Beffroi, désireux de conserver ce commerce qui se déroulait depuis plusieurs siècles place du marché au blé et l’idée qu’une halle aux marchandises est tout aussi nécessaire qu’une halle au blé.

          Finalement, à la fin des années 1830, deux halles sont construites, une halle aux grains place de la préfecture, une halle aux marchandises en bordure de la place du marché au blé, qui devient halle de la bonneterie dès 1838 tandis que la place prend le nom de place de la bonneterie en 1851.

          Séverine Darroussat a souligné un aspect architectural exceptionnel, le choix par la municipalité en 1836 de colonnes monolithes, colonnes qui, dans les transformations actuellement envisagées, pourraient être décorées de fresques (comité de pilotage du 7 décembre 2006).

          A la fin du XIXe siècle, les changements survenus dans le commerce aussi bien de la bonneterie que des grains conduisent à rendre les deux halles moins utiles. Cela vaut à la halle aux grains d’être détruite, malgré une vive opposition, et à la halle de la bonneterie de changer de fonction. Au début du XXe siècle, le premier étage commence à accueillir des spectacles et le rez-de-chaussée les syndicats. Ainsi commence pour ce bâtiment une double vie qui l’ancre profondément dans la mémoire populaire troyenne et auboise.

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